Image u.s. geological survey

Image U.S. Geological Survey

Installation sonore, cyanotypes

84.1 x 59.4 cm, 2025.

« Ainsi, la lumière nécessaire à l’acte photographique devient l’outil de sa disparition. Un amalgame paradoxal entre l’omnipotence des nouvelles technologies et leur impuissance à retenir le réel. L’image nous fait signe une dernière fois. Elle s’éteint (et nous condamne à l’étreindre), comme la flamme d’une bougie qui, en éclairant, se consume elle-même. » |Georges Didi-Huberman, Images malgré tout, 2024.

Lucas Andrea développe une pratique où photographie, installation et création sonore se répondent pour interroger la relation entre l’humain et son environnement. Son travail explore la disparition des images et, à travers elle, la fragilité de notre perception du monde. En réactivant des fragments égarés, il recompose une identité visuelle qui questionne nos manières de voir et les formes contemporaines du réel.

Image U.S. Geological Survey naît d’une erreur de Google Earth, survenue lors d’un survol virtuel de la banquise antarctique. Une faille s’ouvre : l’image se dérobe, se déstructure, laissant apparaître la déréalisation progressive du paysage. L’objectivité supposée du regard satellite se fissure dans le bug, révélant un trouble discret, mais profond.

Le cyanotype (procédé historique datant de 1842) offre une matérialité à cette image issue du virtuel, tout en la vouant à sa propre disparition. Exposé à la lumière, le tirage s’altère lentement, devenant ce que l’artiste nomme une « image-mourante ». La création et l’effacement y coexistent, comme un écho à l’instabilité des environnements qu’elle représente.

Présentée avec une composition sonore, l’œuvre amplifie la tension entre apparition et disparition, matérialité et effacement. Elle propose une expérience sensible où l’image, fragile et vacillante, devient le lieu d’une méditation sur nos géographies visuelles et sur la manière dont le monde, parfois, cesse peu à peu de nous répondre.

© Lucas Andrea/Clarisse Ricci