Acheiropoïète

Acheiropoïète, Vue d’installation 1, Les formes du pouvoir, Palais Jacques-Cœur, Bourges, France, 2018.

Acheiropoïète


Tapis, tablette numérique, réalité augmenté
140 x 200 cm
2017

Une image acheiropoïète est une image dont l’origine est inexpliquée et qui serait, selon les croyants chrétiens, non faite de main d’homme, mais d’ordre miraculeux.

Le Lamassu, taureau androcéphale ailé de la Mésopotamie antique, était une figure tutélaire chargée de protéger les palais et les temples assyriens. Placés aux seuils, ces génies combinaient la force du taureau, la vigilance de l’aigle et l’intelligence de l’homme. L’un d’eux, conservé à Nimrûd dans le palais d’Ashurnasirpal II, a été détruit en avril 2015 par l’organisation État islamique lors de la prise du site.

Cette œuvre propose une réactivation du Lamassu sous la forme d’une apparition en réalité augmentée. La figure n’est visible qu’à travers un smartphone ou une tablette, via un dispositif numérique activé par un QR code intégré à un tapis persan, objet à la fois décoratif et protecteur, destiné à être piétiné.

Le tapis, tissé sur une terre historiquement liée à cette sculpture disparue, devient le seuil d’une image invisible.

Cette œuvre propose une réactivation du Lamassu sous la forme d’une apparition en réalité augmentée. La figure n’est visible qu’à travers un smartphone ou une tablette, via un dispositif numérique activé par un QR code intégré à un tapis persan, objet à la fois décoratif et protecteur, destiné à être piétiné.

Le tapis, tissé sur une terre historiquement liée à cette sculpture disparue, devient le seuil d’une image invisible.

Acheiropoïète, Vue d’installation 2
Les formes du pouvoir, Palais Jacques-Cœur, Bourges (France), 2018.

“Des œuvres visibles, d’autres plus discrètes. À quelques mètres, Lucas Andrea a défié les limites du tangible et du visible. Son œuvre, Acheropoïète, n’apparaît sur le tapis étalé au sol que grâce à une tablette et au système de réalité augmentée. Il s’agit du Taureau Androcéphale qui a été détruit en avril 2015, par l’État islamique. Sont réunis ici le pouvoir de détruire de la guerre, mais aussi celui du visiteur de faire réapparaître l’œuvre.“ |Mélinda Pawlak, Ouest-France, 2017.

“Ce rapport de transmission supposé par l’héritage est chargé d’un caractère politique, qui détermine les conditions de ce passage. La question de l’œuvre disparue est ainsi étroitement liée à la question de l’héritage artistique. […] Lucas Andrea met la technologie au service de l’art en proposant une reconstitution en réalité augmentée des statues de Nimroud détruites par l’État Islamique en avril 2015.” |Milena Glicenstein, Au delà de l’héritage, catalogue d’exposition, 2016.