Acheiropoïète

Acheiropoïète, Vue d’installation 1,
Les formes du pouvoir, Palais Jacques-Cœur, Bourges (France), 2018.

Acheiropoïète


Tapis, tablette numérique, réalité augmenté

140 x 200 cm, 2018.

Le 11 avril 2015, la prise de Nimrûd par l’organisation terroriste entraîne la destruction spectaculaire de son patrimoine, pensée pour atteindre symboliquement l’Occident à travers ses images culturelles. Comme le rappelle Marie-Josée Mondzain, c’est désormais « la gestion industrielle du spectacle » qui masque les enjeux réels du conflit.

Ancien gardien du palais d’Ashurnasirpal II, le Lamassu — génie protecteur mésopotamien — réunissait force, intelligence et vigilance. Ici, sa puissance ne repose plus sur la pierre, mais sur le pouvoir du spectateur, devenu témoin et gardien éphémère.

Lucas Andrea en propose une réactivation en réalité augmentée : une présence fantomatique, révélée uniquement par le geste et le regard. L’œuvre n’imite pas l’objet perdu ; elle questionne la fragilité du patrimoine et notre rôle face aux destructions mises en scène.

“Des œuvres visibles, d’autres plus discrètes. À quelques mètres, Lucas Andrea a défié les limites du tangible et du visible. Son œuvre, Acheropoïète, n’apparaît sur le tapis étalé au sol que grâce à une tablette et au système de réalité augmentée. Il s’agit du Taureau Androcéphale qui a été détruit en avril 2015, par l’État islamique. Sont réunis ici le pouvoir de détruire de la guerre, mais aussi celui du visiteur de faire réapparaître l’œuvre.“ |Mélinda Pawlak, Ouest-France, 2017.

“Ce rapport de transmission supposé par l’héritage est chargé d’un caractère politique, qui détermine les conditions de ce passage. La question de l’œuvre disparue est ainsi étroitement liée à la question de l’héritage artistique. […] Lucas Andrea met la technologie au service de l’art en proposant une reconstitution en réalité augmentée des statues de Nimroud détruites par l’État Islamique en avril 2015.” |Milena Glicenstein, Au delà de l’héritage, catalogue d’exposition, 2016.

Acheiropoïète, Vue d’installation 2
Les formes du pouvoir, Palais Jacques-Cœur, Bourges (France), 2018.

© Lucas Andrea/Clarisse Ricci