Déception Radar : Electronic counter-countermeasure

Déception Radar : Electronic counter-countermeasure, Bourges, France, 2018.

Déception Radar


Verres, dorure
47×68 cm
2018

Déception Radar : Electronic counter-countermeasure interroge la vitesse, la fragilité et l’obsolescence de l’image à l’ère numérique. Issue des technologies militaires de détection et de contre-mesure, l’image radar se présente comme un signal : allégée en valeur indicielle, transmise à une vitesse proche de celle de la lumière, elle n’est plus trace mais déplacement électrique.

L’œuvre se compose de plaques de verre disposées à quelques centimètres du mur. L’image n’y est jamais donnée frontalement, elle se laisse percevoir par transparence et l’ombre qu’elle projette. Ce mode d’apparition fragile rend visible une image déjà en train de se retirer, comme si son moyen de transmission était devenu défaillant.

À l’ère du numérique, l’image est un fichier sans original, susceptible d’être ouvert, modifié ou effacé indéfiniment. Sa destruction n’est plus spectaculaire, mais silencieuse, non par le feu, mais par l’altération de lignes de code. Inspirée par la pensée de Gaston Bachelard, l’œuvre envisage cette disparition comme une transformation : une brûlure discrète qui rend l’image partiellement illisible.

Entre manque de l’image et image du manque, Déception Radar se présente comme une ruine contemporaine : vestige d’un réel devenu signal, donnée, archive instable. L’œuvre ne cherche pas à représenter le réel, mais à en révéler les conditions de visibilité, laissant au spectateur la possibilité de faire trembler l’image, de la percevoir, ou de la laisser disparaître. Mais quelle image ces données nous montrent-elles ?