Event Horizon : Solar system symphony

Event Horizon : Solar system symphony


Composition sonore, réalisée avec le laboratoire astronomique de Nancey (projet musical du groupe GÁBOR, dont Lucas Andrea)
2024

« On considère parfois qu’un enfant atteint l’âge de raison lorsqu’il commence à prendre du recul par rapport à lui-même et à se reconnaître en tant qu’individu dans la société, dans un esprit d’ouverture aux autres et de tolérance. C’est à l’humanité tout entière à présent de reconnaître son individualité et de se positionner au sein de l’Univers dont elle est issue. »1

En astrophysique, l’horizon des évènements (event horizon en anglais), représente la zone entourant un trou noir et au-delà de laquelle plus rien, ni matière ni lumière, ne peut échapper, ni être observé. On y raconte que tout s’écroule à son approche. Certains scientifiques affirment cependant qu’il pourrait être à l’origine de notre univers. In fine, le trou noir semble nous rappeler que nous faisons partie d’un monde en évolution, en permanente remise en question.

Entre invitation au voyage et découverte, Event Horizon : Solar system symphony a la volonté de rapprocher l’humain au cosmos afin d’entrer en symbiose avec l’Univers. « L’enfant du XXème siècle a vécu l’ère de la conquête spatiale, en baignant dans une ambiance de révolution scientifique et technologique. Il a participé à une mutation profonde de l’humanité… Mais n’était‐ce pas au détriment de sa relation personnelle et vraie avec le cosmos ? » s’interroge l’astrophysicienne Sylvie Vauclair. Puisque nous savons désormais que notre corps est fait de cellules vivantes, elles-mêmes constituées d’assemblages de molécules qui comprennent chacun un noyau atomique et des électrons en commun avec les étoiles. Prendre conscience de la place de l’humain dans l’univers, c’est donc faire corps avec l’existence et s’interroger sur son devenir, à l’heure ou l’être humain a acquis le pouvoir de détruire les conditions de vie qui lui ont donné naissance.

Au‑delà de la fragilité de l’écosystème, l’œuvre révèle la richesse sonore de notre système solaire, faisant dialoguer étoiles, Terre et Jupiter avec la partition, grâce aux enregistrements d’objets célestes réalisés à l’observatoire radioastronomique de Nançay. Les étoiles deviennent des instruments à vent naturels ; pulsars, planètes et comètes composent un paysage sonore où la création musicale se transforme en véritable hommage au vivant.

1. Sylvie Vauclair, La nouvelle symphonie des étoiles, Odile Jacob, 2021.